Les emballages en plastique sous la loupe
Chaque année, Valipac publie ses données concernant la traçabilité des emballages industriels. Cette année encore, l’organisme propose un aperçu très clair de la destination finale des déchets. Xavier Lhoir, deputy managing director de Valipac, nous présente les principaux résultats pour le papier/carton et le plastique, et brosse un tableau plus général de l’arrivée prochaine de nombreuses nouvelles législations.
Valipac a identifié la destination de 98 % des cartons collectés auprès des entreprises. « Au total, 472 000 tonnes sont acheminées vers 131 destinations uniques. Un résultat équivalent à celui de l’année dernière. Mais nous constatons tout de même des changements. Ainsi, le recyclage en Europe a augmenté de 2,6 %. Une augmentation qui s’est principalement faite au détriment du volume qui partait auparavant vers l’Asie (-2,1 %) et qui se justifie par l’évolution du commerce électronique », explique Xavier Lhoir.

Valipac a fait le même exercice pour les plastiques. « Ici aussi, nous pouvons identifier la destination finale de 98 % des déchets d’emballages collectés, soit 69 000 tonnes. Ce sont surtout les petits acteurs qui manquent au tableau. Nous constatons avec satisfaction que le volume destiné au recyclage est plus élevé qu’en 2023. En Europe, la situation reste stable pour l’instant. Nous constatons toutefois que la Turquie a gagné en popularité en tant que destination. En raison de l’évolution de la législation dans les pays asiatiques, les exportations vers la Turquie ont augmenté de 6 %. » Xavier Lhoir fait ainsi référence à la nouvelle procédure d’autorisation en vigueur en Malaisie et aux conditions que le Vietnam impose désormais à l’importation de matériaux recyclés. « Les choses bougent beaucoup dans le contexte actuel. L’économie mondiale tout entière est en pleine mutation. »
Mais en Europe aussi, le législateur ne reste pas inactif. « L’objectif de l’Europe est de créer un cadre législatif qui permette de recycler localement les déchets plastiques, qui sont en soi de nouvelles matières premières, sur son territoire. L’interdiction d’exporter des déchets plastiques vers les pays non membres de l’OCDE, qui entrera en vigueur en novembre 2026, est l’un des piliers de cette stratégie. Nous prévoyons que les premiers effets se feront sentir dès le printemps, avec malheureusement une augmentation des coûts de traitement. Et cela dans un contexte de marché déjà très difficile pour les recycleurs de plastique : les plastiques vierges sont actuellement très bon marché en raison des prix du pétrole peu élevés. Les entreprises de recyclage ne peuvent pas rivaliser avec cela. Leurs coûts énergétiques et salariaux n’ont fait qu’augmenter au cours de l’année écoulée. Sans aide, sans obligation pour les entreprises d’utiliser des matières recyclées dans leurs emballages, la situation deviendra donc encore plus difficile. Et cela n’arrivera qu’en 2030, avec l’introduction du PPWR », précise Xavier Lhoir.

Xavier Lhoir cite l’exemple des big bags. Ceux-ci représentent un volume de 6 000 tonnes dans les chiffres du recyclage. « 94 % sont recyclés en Asie. Un matériau qui a encore une petite valeur positive aujourd’hui, mais qui n’en aura probablement plus l’année prochaine. Que ferons-nous alors de ces 6 000 tonnes ? » Une question à laquelle Valipac a déjà cherché une réponse préventive en collaboration avec l’ensemble de la chaîne. « Nous avons pris contact avec les recycleurs de polypropylène, le matériau de fabrication des big bags, afin de trouver des solutions de recyclage locales. Au cours des prochains mois, nous voulons mener des tests afin de déterminer comment traiter de manière technique et rentable les qualités inférieures, qui sont actuellement exportées, et quel soutien financier est nécessaire à cet effet. »
La mission de Valipac est claire. « Si nous voulons atteindre nos objectifs en matière de recyclage, nous devons maintenir en vie notre industrie du recyclage des plastiques dès aujourd’hui. Celle-ci ne pourra voler de ses propres ailes que lorsque le PPWR entrera en application et que la demande, et donc la valeur, des matières recyclées augmentera à nouveau. Sinon, nous risquons de perdre beaucoup : si cela coûte trop cher aux entreprises, elles ne feront plus d’efforts pour séparer les flux de plastiques. Or un recyclage de qualité commence justement par un bon tri à la source. Je suis fermement convaincu que la qualité fournie par nos entreprises de recyclage est parmi les meilleures. Nous pensons que le tri a posteriori nous permettra d’envoyer davantage de films transparents vers le recyclage mécanique. Valipac recherche également des solutions de recyclage pour les films colorés. En collaborant, nous parvenons à des solutions véritablement circulaires », conclut Xavier Lhoir.
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