Mesurer, c’est savoir : le cliché reste d’actualité. C’est pourquoi RecyclePro met à nouveau en avant, dans chaque édition de 2026, des chiffres clés du secteur des déchets. À vous d’en tirer des enseignements concrets pour optimiser votre processus de production ou améliorer votre rendement. Les premières données de l’année révèlent déjà une réalité frappante : la Belgique recèle une véritable mine d’or d’e-waste dans ses tiroirs, avec 17,7 millions de smartphones inutilisés qui y prennent la poussière.
Une étude menée par refurbed, en collaboration avec le prestigieux institut scientifique Fraunhofer Austria Research, révèle que pas moins de 17,7 millions de smartphones dorment dans les foyers belges. Parmi eux, 5,7 millions sont encore adaptés au reconditionnement. Les 12 millions restants contiennent pour 29 345 794 euros de matières premières critiques potentiellement recyclables.
Selon l’étude de refurbed, 5,7 millions de ces 17,7 millions de smartphones ont moins de trois ans. « Cela les rend parfaitement adaptés au reconditionnement : ils peuvent être remis à neuf et réutilisés, conservant généralement une valeur résiduelle de 150 à 200 euros que leurs propriétaires laissent aujourd’hui inexploitée », explique Kilian Kaminski, cofondateur de refurbed.
Les 12 millions d’appareils restants sont trop anciens pour être reconditionnés, mais peuvent être recyclés facilement. « Si nous exploitions ce potentiel en Belgique, nous pourrions récupérer 632,4 tonnes de matières premières critiques, comme le cobalt, ainsi que 14,4 tonnes de minerais issus de zones de conflit, comme l’or. Ces matériaux représentent une valeur de 29 345 794 euros pouvant être réinjectée dans la chaîne de valeur. Des réseaux comme RREUSE offrent d’ailleurs une vue d’ensemble des partenaires locaux de recyclage d’e-waste à travers l’Europe, y compris en Belgique. »
À l’échelle européenne, ce sont 642 millions de smartphones inutilisés qui dorment dans les ménages, dont 431 millions uniquement destinés au recyclage. Ensemble, ils contiennent plus de 5 000 tonnes de cobalt, 431 tonnes d’étain et 8,62 tonnes d’or, pour une valeur estimée à 1,1 milliard d’euros.
« Une tonne de déchets électroniques contient parfois plus de métaux qu’une tonne de minerai extrait. Les anciens smartphones représentent donc souvent une valeur supérieure à celle de l’exploitation minière elle-même. En recyclant ces appareils, l’Europe peut réduire sa dépendance aux importations de matières premières et renforcer l’économie circulaire », conclut Kilian Kaminski.