De nombreuses nouvelles réglementations européennes, qui auront un impact profond sur le secteur du recyclage, entreront en vigueur à court et moyen terme. Non seulement l’offre et la demande vont évoluer, mais nous sommes également à l’aube d’une transformation de la manière dont nous collectons, trions et recyclons les déchets d’emballages à l’échelle industrielle. Xavier Lhoir, deputy managing director de Valipac, nous décrit l’avenir dans lequel Valipac entend continuer à s’imposer comme un partenaire de confiance.
Les prochaines étapes législatives concernent le règlement sur les transferts de déchets. « Tout le monde a les yeux rivés sur novembre, date à laquelle les déchets plastiques ne pourront plus être exportés vers des pays non membres de l’OCDE. Mais nous en ressentirons les effets sur le marché européen bien avant », prévient d’emblée Xavier Lhoir. « En effet, une obligation de notification s’appliquera dès le mois de mai. Selon nous, ce sont les flux de plastiques de faible valeur qui seront les plus touchés. C’est dans cette optique que Valipac a lancé en février une exploration du marché afin de développer des partenariats et garantir un recyclage local pour les big bags. L’organisme espère pouvoir annoncer des partenaires à cet effet en juillet.
« Pour les autres flux, comme les flux colorés, nous attendons pour l’instant de voir comment le marché évolue après l’interdiction d’exportation. S’il s’avère que la valeur marchande ne reste pas positive pour d’autres matériaux également, nous avons plusieurs scénarios en tête pour amorcer le changement. Avec de telles initiatives, nous voulons nous affirmer comme un partenaire de choix pour toutes les parties prenantes de la chaîne de valeur des déchets d’emballages industriels. Notre but est d’atteindre le plus efficacement possible l’objectif de recyclage imposé à nos clients. Parallèlement, nous souhaitons également rester un partenaire privilégié pour les collecteurs. En effet, nous avons besoin de tout le monde pour restaurer au plus vite une dynamique de marché positive », anticipe Xavier Lhoir.

L’entrée en vigueur du règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) pourrait jouer un rôle de catalyseur à cet égard. À partir de 2030, il fixera des objectifs concrets et obligatoires en matière de contenu recyclé. Pour les emballages de transport, par exemple, cet objectif est fixé à 35 %. « Nous prévoyons que dès 2028 ou 2029, l’offre et la demande de matières recyclées retrouveront un meilleur équilibre. » Une évolution dont le secteur des plastiques, en particulier, a grandement besoin aujourd’hui. Mais ce n’est pas le seul impact qu’auront les règles du PPWR. « Elles modifient également la définition de producteur », explique Xavier Lhoir. Il cite d’emblée l’exemple des emballages rigides tels que les palettes, pour lesquels des objectifs de réutilisation s’appliquent également. « Aujourd’hui, les entreprises belges qui les utilisent sont considérées comme des producteurs. Une entreprise alimentaire comme Coca-Cola nous déclare donc toutes les palettes qu’elle utilise. Avec le PPWR, les fabricants et les réparateurs de palettes situés en Belgique seront également en partie concernés pour les quantités vendues dans l’état membre dans lequel ils sont situés. Ils devront déclarer à Valipac la quantité de palettes qu’ils livrent à Coca-Cola (Belgique) et payer la contribution correspondante. Cela va devenir un véritable casse-tête », prédit Xavier Lhoir.
Par ailleurs, le volume des déchets industriels doit diminuer, notamment grâce à une réutilisation accrue, pour le plastique, le bois, le papier, le carton et le métal des emballages de transport. Une troisième exigence formulée dans le cadre du PPWR concerne la recyclabilité des emballages. La définition précise de ce concept n’a pas encore été définitivement arrêtée. Il est toutefois déjà clair que Valipac, en tant qu’organisme de gestion, devra intégrer une écomodulation plus ambitieuse dans sa structure tarifaire. Les producteurs devront donc être en mesure de prouver la recyclabilité de leurs produits. « Si nous prenions une photo du marché des déchets d’emballages industriels à usage unique ou réutilisables aujourd’hui et une autre en 2030, celles-ci seraient fondamentalement différentes en termes de volume et de composition. Le marché sous-estime l’impact et les conséquences induites sur l’ensemble de la chaîne de valeur. C’est pourquoi nous essayons, à travers cette publication, mais aussi via nos propres newsletters, de sensibiliser davantage à cette question. Comme relevé, nous voulons nous positionner comme un partenaire fiable et nous sommes ouverts au dialogue sur les conséquences concrètes pour toutes les parties prenantes », conclut Xavier Lhoir.
