Chaque année, Recycling International publie un Top 100 des figures les plus influentes du secteur du recyclage à l’échelle mondiale. Non pas en fonction de la taille de leur entreprise, mais selon leur capacité à faire la différence et à inspirer leur secteur. Avec respectivement neuf et six nominés, la Belgique et les Pays-Bas se distinguent particulièrement. Après une précédente analyse consacrée aux femmes influentes du recyclage, nous mettons cette fois en lumière les quatre nouveaux entrants issus du Benelux. Une sélection inspirante.

À la treizième place figure Aimilios Orfanos, cofondateur de Watt4Ever, une entreprise spécialisée dans les solutions de stockage d’énergie. Il partage son temps entre la Grèce et la Belgique. Spécialiste de la chimie des batteries, des applications de seconde vie et des énergies renouvelables, cet ingénieur mécanique de formation a vendu son entreprise au principal recycleur de batteries en Belgique (Sortbat) en mai 2025. Cette opération doit permettre à Watt4Ever de changer d’échelle et « d’avoir un impact encore plus important ».
Orfanos a récemment lancé une nouvelle entreprise, Revolta, qui combine l’intelligence artificielle, des logiciels avancés de recyclage et des systèmes de stockage d’énergie reposant sur des batteries de seconde vie. Il travaille également à la création d’une fédération dédiée à l’industrie des batteries, réunissant à la fois recycleurs et producteurs. « Avec d’autres acteurs clés, je souhaite contribuer à structurer le cadre réglementaire. »
Twan Hesselmans est managing director du recycleur de plastiques Broeckx Plastics, une voix ambitieuse et résolument optimiste dans un secteur fortement sous pression – et à juste titre. L’entreprise familiale a récemment construit une nouvelle usine sur son site principal à Esbeek afin d’améliorer encore ses capacités de tri.
Avec une capacité de 13,5 tonnes par heure, elle permet désormais de traiter jusqu’à 30 000 tonnes de plastiques par an. Cette extension vise à renforcer la capacité de traitement en Europe, notamment dans la perspective des restrictions à l’exportation prévues à partir de 2026. L’accent est mis sur les emballages en LDPE, qui représentent environ deux tiers des volumes.
« Nous ne cherchons pas à devenir le plus grand acteur du recyclage des plastiques, mais à être le meilleur dans le traitement du LDPE. » Pour y parvenir, le tri basé uniquement sur la couleur et le matériau ne suffit plus. La nouvelle installation permet désormais un tri selon l’indice de fluidité (MFI), générant cinq flux distincts. Une avancée qui permet aux producteurs d’augmenter la part de contenu recyclé dans les films LDPE jusqu’à 50 %.


Gio Capiau est copropriétaire de Capiau Recycling, l’un des plus importants recycleurs d’aluminium en Belgique. Afin de renforcer sa position sur un marché en mutation rapide – et portée par une demande croissante en ferrailles de haute qualité –, l’entreprise a récemment investi dans de nouvelles technologies de broyage.
Gio Capiau collecte ses flux d’aluminium dans un rayon de 400 km autour de son siège à Lokeren, couvrant ainsi la Belgique, les Pays-Bas, l’ouest de l’Allemagne et le nord de la France. Ses fournisseurs sont notamment des négociants locaux en métaux, des industriels et des recycleurs spécialisés dans les flux non ferreux.
Dans un délai de cinq à dix ans, l’ambition est claire : devenir la référence du recyclage de l’aluminium au Benelux. « Nous voulons être identifiés comme le partenaire de référence pour les déchets et surplus de production en aluminium, ainsi qu’un acteur fiable pour les fonderies. »
Le Dr Peter Tom Jones s’est imposé comme une référence en tant que professeur en métallurgie durable, auteur et réalisateur de documentaires. Une personnalité qui n’hésite pas à remettre en question le statu quo et à ouvrir de nouveaux débats.
Dans son dernier documentaire, Europe’s Lithium Paradox, il souligne qu’il ne peut y avoir ni déchets recyclables ni transition énergétique sans activité minière. « On ne peut pas simplement faire apparaître des éoliennes, des panneaux solaires ou des voitures électriques. Il faut les produire. »
Il pointe également le décalage entre les intentions affichées par les consommateurs et leurs comportements réels : « Les médias rapportent un fort soutien aux produits durables, mais les chiffres sont souvent surestimés. Il reste encore beaucoup à faire avant que le recyclage devienne une pratique généralisée, même dans les villes européennes réputées les plus durables. »