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Pas besoin de restrictions à l’exportation pour la ferraille
Une nouvelle étude indépendante démontre que les restrictions à l’exportation d’acier recyclé perturberaient le marché et mettraient justement en péril l’approvisionnement de l’Europe.

Pas besoin de restrictions à l’exportation pour la ferraille

Selon l’industrie sidérurgique européenne, l’Europe doit restreindre les exportations de ferraille. Avec la dernière version du « Waste Shipment Regulation (règlement sur les transferts de déchets) », ils ont déjà partiellement atteint leur objectif. Mais le lobby sidérurgique fait désormais pression pour que tous les métaux recyclés restent à l’intérieur des frontières européennes, sous prétexte que nous perdons aujourd’hui trop de matières premières précieuses. Les chiffres contredisent toutefois clairement cette affirmation. Il semble que les producteurs d’acier cherchent davantage à faire baisser les prix et à se procurer des matières premières bon marché. Car ce qui part d’ici aujourd’hui ne correspond pas à la demande européenne.

Pas besoin de restrictions à l’exportation pour la ferraille

Examinons immédiatement ces chiffres. Concen­trons-nous d’abord sur l’aluminium. Chaque année, 5 millions de tonnes d’aluminium recyclé sont produites en moyenne en Europe. Selon les chiffres de Recycling Europe (anciennement EuRIC, la fédération européenne de l’industrie du recyclage), environ 75 % à 80 % de cette quantité prend le chemin de destinations européennes. Pour l’acier, cela représente un volume net de 11 à 12 millions de tonnes de ferraille exportées. Les volumes produits par les recycleurs de métaux sont restés pratiquement stables ces dernières années. Ce qui change, c’est la demande en métaux recyclés, car la demande en acier a baissé. Au cours des dix dernières années, elle a diminué de 17 à 18 %. Cela s’explique en partie par la baisse de la productivité industrielle dans des secteurs tels que l’automobile et la construction. Nous recyclons donc en réalité plus que ce que les fonderies et les hauts fourneaux européens peuvent absorber. Cela élimine d’emblée la nécessité d’une interdiction d’exportation.

Plus de mal que de bien

De plus, les restrictions à l’exportation feraient plus de mal que de bien. Elles feraient baisser artificiellement les prix de l’aluminium recyclé, ce qui mettrait en péril la stabilité financière de l’ensemble du secteur du recyclage des métaux. Alors que la transition écologique stimule la demande de nouveaux types d’aluminium, les recycleurs devront réaliser des investissements considérables pour répondre à ces besoins. Ce processus est déjà en cours, mais d’éventuelles restrictions à l’exportation pourraient le ralentir ou nous faire reculer de plusieurs pas. Les mêmes parallèles peuvent d’ailleurs être établis pour l’acier. Et il va sans dire que les métaux recyclés jouent un rôle essentiel dans les objectifs de décarbonisation que l’Europe s’est fixés. Chaque tonne d’acier recyclé permet d’éviter environ 1,66 tonne d’émissions de CO2, quelle que soit son utilisation.

Pas besoin de restrictions à l'exportation pour la ferraille 1
Les producteurs d’acier et d’aluminium demandent des garanties pour que la ferraille reste ici afin de pouvoir rentabiliser leurs propres investissements grâce à des matières premières moins chères.

Uniquement pour les exportations pour lesquelles il n’y a pas de demande

Pourtant, les producteurs européens d’acier et d’aluminium se plaignent d’une pénurie de matériaux recyclés. Ils sentent le souffle vert de l’Europe dans leur nuque et doivent en réalité investir dans l’électrification de leurs processus. Mais en raison de l’arrêt de la production chez leurs clients, ces investissements ne se concrétisent pas. Or ils permettraient justement de stimuler la demande en matériaux recyclés. En effet, un four électrique peut consommer davantage de matériaux recyclés et émet également moins de CO2. Les producteurs d’acier et d’aluminium demandent désormais des garanties que la ferraille restera ici afin de pouvoir rentabiliser leurs propres investissements grâce à des matières premières moins chères. Ce ne sont toutefois pas les matériaux dont ils ont besoin pour alimenter leurs fours électriques qui sont aujourd’hui exportés. La majeure partie du matériel est composée de ferraille de moindre valeur pour laquelle il n’y a pas de demande ici en Europe.

Une étude démontre la nécessité d’une autre politique

Une nouvelle étude indépendante, réalisée par l’Ernst-Abbe-Hochschule Jena, démontre que les restrictions à l’exportation d’acier recyclé perturberaient le marché et mettraient en péril l’approvisionnement de l’Europe, au lieu de renforcer l’industrie sidérurgique européenne. L’étude suggère que la politique européenne serait bien plus efficace si elle se concentrait sur les défis structurels, tels que les coûts énergétiques élevés, et misait sur l’amélioration des techniques de tri, la standardisation de la qualité et la certification du contenu recyclé, ainsi que le soutien aux investissements visant à améliorer la qualité de l’acier recyclé.

« Aucun effet positif pour les consommateurs européens »

Une décision de l’Europe est attendue pour fin décembre. Le dernier mot revient pour l’instant à Guido Lipinski, directeur général et avocat chez BDSV (l’association allemande des recycleurs d’acier) : « L’industrie européenne du recyclage est compétitive à l’échelle mondiale. Les restrictions à l’exportation nuiraient à cette compétitivité, sans que le détournement des flux commerciaux non européens ait un effet positif sur l’approvisionnement des consommateurs européens, qui n’est pas menacé. »

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